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Paris, juillet 2015.

Les mois d’étés reviennent avec leur lot de marqueurs temporels. La fin d’un cycle, le début d’un autre. Les étés se ressemblent sans jamais être tout à fait les même.
Le soleil dessine sur le bitume chaud les ombres dansantes des feuilles des arbres des grands boulevards. Elles se déforment délicatement au contact des peaux des passants. La chaleur écrase Paris comme elle écrase mes nuits. Allongée dans le ciel je me prélasse au milieu de pages de mots. Les boulimies littéraires. L’ensemble des connaissances qui s’offrent à moi semble sans fin au point d’en devenir désespérantes. Orage au désespoir. Le ciel est clair et trouble à la fois. Chargé. Le temps, également. Je lis des histoires qui se déroulent dans Paris, entre Châtelet et Vincennes, entre Ménil’ et Belleville, langage codé pour géographies familières. J’achète des crèmes glacées et je fais des salades de fruits. Des salades de rêves et des rêves glacés. Au petit matin, lorsque l’écrasante chaleur s’estompe enfin, les premiers rayons du soleil se reflètent dans les fenêtres de l’immeuble d’en face et tracent sur mon mur blanc, un rectangle de lumière, échoué sur ma peau et mes draps. Ils dessinent en ombres chinoises les courbes de mon corps. Il est 5 heures Paris s’éveille et la lumière qui émerveille. L’été c’est ça, le temps au ralenti. Et le vélo sous la pluie. Le vélo, comme une révolution strasbourgeoise à Paris. L’ivresse de la vitesse, la liberté, j’avais oublié la liberté. Rien ne compte d’autre que la liberté, toujours, bis repetita, je tourne en boucle, achevez moi. Et l’ivresse donc.

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Et dans la chaleur écrasante du sous-sol de la Maroquinerie il y a Sebastien Schuller. Sa Heat Wave ne semblerait pas pouvoir tomber plus à propos tant la salle semble moite ce soir là. L’été est sans fin et Weeping Willow en live. Dix ans plus tard, tu parles d’un marqueur temporel. Il y a des morceaux qui ne vous lâcherons jamais.

Encore.

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Lartigue est fort à propos lui aussi.

Lartigue disais « Je suis amoureux de la lumière, je suis amoureux du soleil, je suis amoureux de l’ombre, je suis amoureux de la pluie, je suis amoureux de tout. »

Je crois que tout est dit.

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Et Antonioni aussi. C’est la nuit, les déchirures silencieuses et insidieuses, l’amour, profond, l’angoisse, la séduction, le jeu, la domination et la beauté. Et ces contrastes noirs et blancs d’un sublime.

J’aime quand tout ce que je regarde, vois et lis, semblent raisonner en un grand tout commun d’une pertinence déconcertante et d’un accord parfait avec les temps présents.

Pour info : Lartigue, la vie en couleurs, c’est jusqu’au 23 août à la Maison Européenne de la Photographie et Antonioni, c’est jusqu’au 19 juillet à la Cinémathèque Française, et c’est très beau et très intéressant !

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