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La culture *5

Au rayon des coup de coeurs de ces deux derniers mois :

 

Livre

Sorcières

C’était un peu la lecture immanquable de l’automne. Après Beauté Fatale et Chez Soi, Mona Chollet, dont je suis avec assiduité le travail, revient avec Sorcières, la puissance invaincue des femmes. Soyons clair, finalement cette histoire de sorcières, c’est plus un prétexte qu’autre chose pour parler une nouvelle fois de la condition féminine, et cela en décevra peut-être quelques uns. Le chapitre d’introduction est pourtant bien consacré à l’archétype de la sorcière. Ces dernières seront des milliers à être brûlées pour la plupart à la Renaissance, et non au Moyen-âge contrairement aux croyances populaires, pour des motifs absolument fallacieux. Et tout réside bien dans le caractère et le mode de vie des dites sorcières : des femmes libres et indépendantes, célibataires, âgées, sans enfants, guérisseuses, ou sages femme, bref, des femmes qui ne respectent pas les conventions et les injonctions faites aux femmes. Mona Chollet décortique tous ces sujets sous le prisme de notre monde contemporain. Dans son second chapitre, qui je trouve est le plus marquant du livre, Mona Chollet s’attaque à la maternité, qu’elle considère comme une aliénation de la femme, et au sort qui est réservé à celles qui oseraient remettre en question ce fait qui semble si naturel dans l’opinion collective. Comme à son habitude, son écriture est fluide et son discours est ultra référencé ( bien que partant parfois dans tous les sens). De quoi rebondir sur de nombreuses autres lectures.

 

Livre

Une apparition

Par un hasard de calendrier, lu en parallèle de Sorcières. Deux livres qui se répondent, au sujet du traitement du traitement et des préjugés liés au corps vieillissant de la femme. Mona Chollet cite ainsi Sophie Fontanel à plusieurs reprises dans son ouvrage.

Donc, Sophie Fontanel, ancienne grand reporter et rédactrice mode du magazine Elle, nous raconte dans Une Apparition un récit, son récit, celui de son refus de se conformer à la norme esthétique de la jeunesse éternelle en cessant de se teindre les cheveux pour assumer sa crinière argentée. Une décision simple et pourtant politique dont elle nous partage ici le cheminement au travers de ses réflexions et de ses rencontres pendant un an et demi. C’est léger, parfois drôle, d’autre fois poétique ou cocasse. On y apprend au passage que la chevelure immaculée d’Andy Warhol n’était autre qu’une perruque!

 

 

Théâtre

Crash Park, la vie d’une île

J’aimerais vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, voir plus de pièces de théâtre de ce type, mais genre vraiment quoi ( enfin t’as compris ). Je vais peu au théâtre, peu, parce qu’à vrai dire ne n’y connais rien ( et je ne sais pas trop par où commencer pour m’y intéresser ). Mais quand j’y vais, c’est généralement pas pour voir n’importe quoi et le coup de coeur est souvent au rendez-vous. Je découvre donc Philippe Quesne, directeur du théâtre Nanterre Amandiers au travers de sa pièce Crash Park. L’histoire d’une bande de naufragés sur une île au milieu de l’océan. La pièce, presque totalement mutique, convoque ici les mythes et symboles de l’île au travers d’un récit flou et déconstruit débutant par un crash aérien et mélangeant différentes époques, ambiances et archétypes : de l’île mystérieuse peuplée d’une faune étrange, à l’île de robinson crusoé, de celle des premières découvertes à celle des clubs de vacances ambiance boule à facette. C’est joyeux et musical, parfois bruyant, beau à en crever, d’une poésie folle, parfois drôle et d’une étrangeté bouleversante.

( La pièce se joue jusqu’au 9 décembre au théâtre de Nanterre Amandiers. Mais Philippe Quesne reviendra également en 2019 pour une sombre histoire de taupes qui m’envoie déjà des paillettes dans la tête ).

 

 

 

Cinéma

Le procès contre Mandela
et les autres

On vous prévient d’emblée, il n’existe aucune image vidéo de ce procès mythique qui opposa Nelson Mandela et ses sept co-accusés de l’ANC ( Congrès national africain ) au gouvernement Sud africain. Un doute vous assaille alors, comment construire un documentaire sans images?
Les réalisateurs Gilles Porte et Nicolas Champeaux partent ainsi à la rencontre des derniers témoins vivants de ce procès, qui se transformera en tribune contre l’apartheid, pour écouter leurs souvenirs et récits entre coupés de séquences animées en noir et blanc d’une grande force et d’une grande beauté.
Une bonne grosse claque d’émotions dans la gueule que ce documentaire. L’engagement indéfectible pour leur cause de ces 8 hommes, pourtant persuadés d’être condamnés à mort, est vraiment poignant et la fin… quelle fin glaçante !

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